Management tip – Empowerment


Aujourd'hui j'ai abouti un chemin à penser à mes expériences récentes…. Un peu de recul au delà de l'intuition de bien faire. J'ai envie de le partager ici, pourquoi pas. …

Le sujet : le style du leader . Disons : « quelle est la façon de s'y prendre = Être un chef dans tout son archétype ou être un chef sans le costume? Dire ou bien faire comprendre ? Prendre la scène ou bien la laisser ?

Devenir patron, leader, quelque soit le sujet c'est un chemin de réflexion sur soi- même et son ego. Quel est le moteur personnel qui nous anime, qu'est ce qu'on fait ici, à ce moment là ? Reconnaissance, succès personnel , réalisation d'objectifs, amour/affection…. Il y a la quête de chacun qui justifie de se mettre dans cette position convoitée mais dangereuse. Prendre la première ligne. J'ai gardé en tête une phrase entendue un jour qui me paraît décrire assez bien l'idée du danger lié à la position de leader : « plus on monte haut dans l'arbre, plus le vent est violent, et plus la chute est douloureuse ». Cette réalité provoque bien des conséquences dans le comportement du « boss » qui peut être plus tenté de s'accrocher au tronc d'arbre que de continuer à jouer son rôle et assumer ses pleines responsabilités.

Imaginons cependant un patron qui prendrait l'ombre plutôt que la lumière. Qui chercherait à vous questionner, à vous amener aux réponses par vous même. A vous apprendre, sans même que vous réalisiez le chemin, tout ce que vous pouvez réaliser. Imaginons un boss qui ne se la jouerait pas, un qui laisserait son propre ego au placard. Un qui authentiquement s'interesserait à vous et à vos possibilités. Que penseriez vous ?

Sur le papier que du bien … Génial, j'aurais de l'espace , je pourrais…… Je pourrais…Je pourrais…. Et dans la vraie vie ? Comment vous sentiriez vous face à cette responsabilité réelle de faire pour vous même et par vous même ?

Ce qui est vraiment surprenant c'est que « nous », l'humain ne valorise pas à priori cette possibilité. Parce qu'elle est exigeante. Nous ne sommes au fond pas si courageux, et si on nous en laisse la possibilité (pas sur le papier mais dans la vraie vie) d'être dirigés, de prendre moins sur nos propres épaules, nous nous laissons faire bien volontiers…. Et c'est là, le premier obstacle que rencontre ce boss miraculeux… Il va devoir convaincre progressivement les personnes d'accepter ce rôle « élargi », de participer et prendre le risque de s'exposer. Celà demande du temps, de la patience, de la compréhension des capacités de chacun et une adaptation réelle . Ça ne peut marcher que si la « demande » est adaptée à chaque individu et évolue au bon rythme dans le temps.

C'est le deuxième obstacle : gérer le temps. Ça peut paraître (voire être :-)) tellement plus rapide de prendre une décision et demander de l'appliquer, que de faire en sorte que chacun aboutisse à la décision l'enrichissant de ses propres connaissances et capacités. Prendre le juste temps ….une petite phrase qui m'a fait bien rire, en version filles ou garçons , sur cette nécessité : on ne fait pas un bébé en 4 mois et demi avec 2 maris (ou 2 femmes) ! »…Cet obstacle n'est pas le plus facile à surmonter, car il est évident que notre boss aussi bien intentionné soit-il, à lui même un propre boss…. Et qu'il n'est pas dit que celui ci soit patient. Bien sûr tout le monde comprendra l'intérêt à long terme de cette démarche manageriale, mais sans doute moins nombreux seront ceux qui sauront résister à des succès plus rapides et éphémères….

Imaginons cependant que ce boss miraculeux existe, celui qui vous donne le pouvoir de progresser et vous laisse la place de décider et d'agir…. Imaginons que vous preniez le challenge … Vous vous sentiriez progressivement, puissant, capable, vraiment bon quoi ! Au point même que vous seriez bientôt prêt à prendre sa place. Et comme c'est, au fond, ce pourquoi il est payé, il aurait fait un super boulot….

 

Mais celà nous amène à l'ultime obstacle. À ce moment là de l'histoire notre boss miraculeux disparaît progressivement de la lumière… Chacun s'approprie les décisions, les succès….. On commencera à oublier le rôle qu'il a joué ou qu'il joue, au fur et à mesure que l'on prendra confiance en ses propres capacités..Il faut être sacrément résilient pour être ce chef miraculeux… Et capable de placer son « ego » ailleurs que dans le « pouvoir visible ». La encore sur le papier vous pourriez tous me dire que c'est facile. Parce que nous avons cette éducation qui nous fait placer les valeurs de générosité au firmament des valeurs humaines….Mais chacun de nous connaît aussi le tiraillement du ventre qui nous attire ailleurs…. Il n'y a qu'à regarder les acteurs du monde politique pour s'en convaincre :-)… C'est quand même sympa de « briller » un peu…

En résumé , à cette posture manageriale appelée par les anglo-saxons « l'empowerment » ( je n'ai pas trouvé d'equivalent aussi efficace en français) je vois 3 grands obstacles : gérer son ego, convaincre l'autre de la nécessité de l'effort et l'accompagner en « sécurité » dans son apprentissage, être patient et résister à l'espace temps particulièrement court du monde du business.

 

Je suis très intéressée par vos commentaires et à comprendre si ce type de billet intéresse mes gentils lecteurs…Parce que je concède que ça vient un peu en OVNI sur ce blog !

 

12 réflexions sur “Management tip – Empowerment

  1. Excellente réflexion , c’est déjà bien de se poser toutes ces questions.Parmi ceux qui préfèrent que le boss décide à leur place il y a ceux qui n’ont jamais confiance en eux même et pour qui il faudra encore plus de patience pour y arriver, mais qui en seront très fiers et ceux là éprouveront de la reconnaissance d’avoir eu leur avis pris en compte par le boss

    • Oui, bien sûr, j’ai été un peu extrémiste dans mon exemple de non reconnaissance dans l’objectif de faire comprendre mon idée. Mais tu as tout à fait raison il y a une échelle très large de « réactions ». Je pense que la différence se fait aussi beaucoup entre ceux qui prennent le temps d’introspection nécessaire à réaliser ce qui se passe et y réfléchissent…et ceux qui emportés par le mouvement se contentent de regarder devant, enthousiastes sans plus s’intéresser à ce qui les a amenés là…un peu comme les enfants le font pour faire un parallèle facile 🙂

  2. Stéphanie ta réflexion est fort intéressante et fort juste : voulons-nous un boss qui nous « dirige » et nous conduise au risque de le trouver « castrateur » ou bien sommes-nous prêt à accepter de lui qu’il nous fasse avancer vers plus d’autonomie quitte à en oublier un jour qu’il est notre boss ?!!! Diriger n’est pas qu’une fonction mais bien un métier et d’autant plus compliqué à assumer que chaque individu que l’on « dirige » est différent de l’autre et que au-delà de l’empowerment, le boss final lui n’attend qu’un résultat en ligne avec une réalité très pragmatique. Etre « dirigé » est un sentiment très confortable pour une grande marjorité d’entre nous qui n’avons pas le « courage » ni l’envie d’aller au-delà de nos capacités, non ?

    • C’est ça Brigitte. J’ajouterais que le problème ou plutôt l’opportunité c’est que l’on ne découvre ce que sont réellement nos capacités qu’en explorant au delà de ce que l’on imagine de prime abord. Mais c’est moins confortable de prendre le risque d’échouer…

  3. C’est bête à dire, limite cliché, mais il faut un juste milieu pour tout, même la façon de manager ( bon, je me rends bine compte, j’ai largement dépassé la limite du cliché, je patauge en plein dedans!)

    • Tout comme dans la façon de manger, il y a un juste milieu dans la façon de manager (la proximité des 2 mots vient juste de me sauter au visage :-)). Disons que le côté directif, autoritaire de la balance est généralement plus largement présenté que son contrepoids participatif, collaboratif. Mais je suis bien d’accord avec toi il y a un équilibre. Collaboration ne veut pas dire abandonner l’autorité.

  4. Mmm… le problème pour le boss qui s’efface après l’empowerment est la peur
    1. éventuellement de se faire piquer la place, et avec raison. donc il doit soit bouger, soit promouvoir ses ouailles ailleurs. C’est une exigence supplémentaire qui consacre le vrai leader
    2.de perdre la reconnaissance de tout ce qu’il a fait. Pour ma part, c’est ce qui me fait parfois trouver ce métier le plus ingrat du monde 🙂 !!!

  5. Non, tu ne pars pas dans tous les sens, Stéphanie. Tes remarques sont intelligentes et nous nous posons tous et toutes ces questions. Et si on devenait son propre boss? C’est sans doute le cours que prend le 21ème siècle. Je rencontre de plus en plus de gens et particulièrement jeunes qui veulent être plus en charge de leur vie, de leurs rêves, de leur destinée et qui préfèrent créer leur business ou travailler pour des petites compagnies plutôt que de dépendre d’une grande entreprise et d’un boss aussi bon qu’il soit. Mais je vis en Californie et la tendance ici a toujours été plus a l’entrepreneurship qu’ailleurs. Merci en tous cas pour ton poste et les commentaires sont super intéressants aussi.

  6. Trop bien ce que tu as posté… Me suis régalée à la lecture et ça m a fait réfléchir… A discuter ensemble… On se FaceTime dans la journée… J ai essayé ce matin…

    Bises ma poulette

    Envoyé de mon iPhone

    >

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s